06 juin 2007

Dans les nuages de Tarapoto.

Toute ma vie j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air...

Il y eu Paris, tout simplement parce qu'il faut chercher le petit point qu'est devenu la Tour Effeil...
Il y eu Santorin, en Grèce, parce que la piste était tellement courte qu'on aurait cru amérir en pleine Méditerranée.
Il y eu Santiago du Chili pour pouvoir admirer la Cordillère des Andes enneigée, rosie par le lever du soleil.
Il y eu aussi Cusco, parce que découvrir un ville de toîts oranges au milieu des plateaux andins déclinés dans tous les tons de vert était inespéré après des mers de nuages gris et noirs menacants.
Et maintenant, je peux ajouter a la liste des meilleurs décollages et atterrissages de mon histoire (courte mais non moins riche pour autant): Tarapoto.
Ca sonne bizarre, pas très féerique (Surtout qu'au Chili, en espagnol, "poto" signifiait pour moi "cul"). Pourtant, cette petite ville péruvienne de la région de San Martin m'a enchantée quand je l'ai quittée. Non pas parce que j'étais heureuse de partir, du moins pas plus que la moyenne: c'était un départ de plus durant un voyage. Mais parce que j'ai vu un instant la forêt amazonienne depuis le ciel. Des collines, des vallons recouverts de miliers d'arbres qui champignonnent comme des brocolis, tous plus hauts les uns que les autres, d'un vert franc... et pour ajouter au paysage, les méandres des fleuves et rivieres qui alimentent plus loin le célebre fleuve Amazone.
Tarapoto se situe tout juste au commencement de l'Amazonie et au loin, on peut encore apercevoir les nuages de coton qui se juchent au sommet de la Cordilière. De temps en temps, durant la saison sèche, une petite bande de cumulus se détache pour venir survoler les collines de brocolis. Quand l'avion les taquine de ses ailes, on aimerait s'y jeter pour y fair un somme, au soleil, en croquant de temps en temps leurs chutes de barbe à papa.

Je me suis crue Yann Arthus Bertrand, dévoilant au monde les beautés de notre Pachamama vue du ciel. Manque de bol, les photos de mon petit numérique à travers le hublot ne font pas mouche comme celles prises depuis un hélicoptère particulier avec un zoom de paparazzi.

Le Pérou est un pays de contrastes. Contrastes de populations, de richesse, de paysages, de cultures, de couleurs, de dialectes... Et non! Le Pérou, ce n'est pas seulement une mamita en habit traditionnel quechua avec une chapeau melon qui promène son llama en machant des feuilles de coca devant le Machu Picchu. C'est bien plus que ca.
Il y a du désert, il y a des forêts, des montagnes, des plateaux, des pleines, des lacs, des glaciers, des rivières... Bref... Des tas de choses a voir. Et je dois avouer qu'après avoir découvert le froid des plateaux andins et le vide des déserts côtiers, un petit saut dans les poumons de la terre m'a donné la patate (originaire du Pérou soit dit en passant).

Vive les arbres, les papillons et les moustiques. Jungle Boogie!

03 juin 2007

Je suis une française blasée:

Je commence à serieusement me poser des questions... Je m'étais dejà faite la reflexion durant mon séjour au Chili, et le Pérou vient confirmer mes observations: ce qui est "beau" et vaut d'être vu selon les guides touristiques et les locaux que je rencontre me deçoit dans 90 % des cas. Je parle surtout des villes en Amérique latine, car pour moi, la nature et les paysages font en général partie d'un tout autre domaine d'enquête, celui de la beauté pure.
Il est vrai qu'il existe de belles villes, chargées d'histoire, où les monuments historiques et les bâtiments usuels s'agencent parfaitement, où il est agréable de se promener des heures et de découvrir a chaque balade des nouveaux recoins, ruelles, places, portes qui valent la peine de sortir l'appareil photo. Ce type de ville existe. Valparaiso m'a charmé pour son site, pour son port, pour ses collines, ses maisons colorées, ses peintures murales... Cusco m'a impressionné pour son mélange de cultures colonial et quechua, ses pierres incas anciennes surmontées par des édifices coloniaux superbes, pour ses églises, ses ruelles pavées et la montagne a perte de vue qui l'entoure.
Pourtant, la majorité des villes que j'ai pu visiter ou traverser au Pérou comme au Chili (et en Argentine, même si ce fût court), m'ont laissée déçue. La majorité d'entre elles ont une jolie église, une jolie plaza de armas et puis voilà. Une heure à flâner sur la plaza de armas, jusqu'à en connaître tous les bancs par coeur, un tour des quelques ruelles alentour pour revenir sur la plaza de armas... et voilà. La visite est terminée.
Je suis souvent arrivée dans une ville, curieuse, animée par les descriptions des guides touristiques qui me donnaient envie d'y faire une escale plus ou moins longue, et je me suis souvent trouvée déçue par ce que je voyais. Ma réaction allait de la deception à l'énervement: Pourquoi j'ai gâché un jour de voyage pour m'arrêter dans ce trou pourri??? Certaines de mes escales se sont révélées enrichissantes, pour goûter des ambiances particulières, pour découvrir la population locale, pour déguster je ne sais quel plat typique. Mais rares ont été les fois où j'ai pû aprécier une architecture étonnante, de beaux monuments ou d'agréables promenades en ville.
Peut être suis-je une française blasée, qui arrive en Amérique latine la tête chargée d'images de ses beaux villages, de ses belles villes hexagonales et qui ne sait apprécier autre chose que son histoire et son architecture. Certes l'urbanisation de l'Amérique latine est jeune, certes son histoire architecturale est récente, ormis les vestiges de quelques civilisations étonnantes que l'homme à délaissé pour vivre ailleurs... Et cela pourrait être la raison qui expliquerait que les villes ne soient pas belles à mes yeux: pas belles parce que jeunes, pas belles parce que pas usées, pas belles parce que sans histoire...
Pourtant, ce qui me choque reste le décalage entre ce que j'écoute et ce que je vois. Qui me dit que ce que je vais voir est beau? et pourquoi à moi ça ne me plait pas?
Peut être est-ce de voyager avec un guide australien, le lonely planet (Australie qui n'est pas un pays référent en matière d'ancienneté de son patrimoine urbain)...
Peut être est-ce de mettre la barre trop haut en m'installant d'abord dans les villes les plus belles, Cusco, Valparaiso, avant de commencer à découvrir les autres...
Peut être est-ce de garder cette caractéristique bien franchouillarde (qui m'énerve parfois tellement) d'être très orgueilleux de son patrimoine et de critiquer beaucoup tout ce qui se trouve d'autre...
Peut être est-ce de faire partie de la belle et vieille Europe, et de ne se rendre compte de sa chance d'y vivre qu'en en sortant...
Ou peut être que oui, il y a des raisons d'être blasé, deçu et que l'on me vend des lieux, comme on me vend des chaussures, en faisant sa promotion, en m'en ventant ses mérites, alors que la qualité n'est pas forcément là. Qui sait...
Toujours est-il que mon sentiment général face aux villes d'Amérique latine est celui de la deception. Bien sûr, il existe des joyaux, je le reconnaît et le clame même haut et fort. Bien sûr certaines villes, même si elles ne sont pas particulièrement belles, dégagent une atmosphère qui atire et parfois retient. Pourtant la majorité du temps, les réflexions qui me viennent à l'esprit est que l'urbanisation se fait sans limites, sans règles, mal, que les maisons et les bâtiments poussent comme des champignons, parfois sans toît, peint sur la façade et laissés à vif ailleurs, que l'on construit sans penser au piéton, mais à la voiture, que le rapport à la mer est en général commercial, marchant, productif et pas pensé pour le farniente. L'urbanisation en Amérique latine me fait penser à cette phrase de Descartes qui dit que l'homme doit se rendre "comme maître et posseseur de la nature": qu'il se serve de la nature sans lui donner rien en échange, ne serait-ce qu'un peu d'art...