C'est carnaval!
Le carnaval péruvien vaut le détour... En tout cas, dans la sierra, il y a de quoi s'amuser.
Pour commencer il dure environ un mois (un peu plus, un peu moins, ça dépend de chacun...). Durant un mois donc, de fin janvier jusqu'au dernier week end de février (si je ne me trompe pas...), les enfants (et adolescents, voire même grands enfants), qui sont en vacances scolaires fêtent le carnaval, c'est à dire, font des batailles d'eau dans la rue. En théorie, ils se contentent de se viser entre eux, mais souvent, comme ils se lassent d'avoir les mêmes cibles toute l'après-midi, ils se rabattent sur un peu tout ce qui passe. Bien sûr, les filles (qui font des cris bien plus rigolos que les garçon quand on les mouille et qui ont moins de muscles pour se venger après) sont des cibles de choix. Au point qu'en sortant du travail dans la soirée, les filles de l'association organisent des convois où il doit nécessairement y avoir un mec, qui sert de garde prétorienne. Ça ne repousse pas tous les "globos" (bombes à eau), mais ça rassure. La cible ultime, je pense, c'est la gringa. De sexe féminin, teint pâle, cheveux et yeux clairs, bref... pas du coin. Les jeunes s'en donnent à coeur joie.
Il existe pourtant plusieurs variantes à la cible traditionnelle qui marche dans la rue. La plus répendue est probablement le tête en l'air qui a oublié de fermer la fenêtre de son taxi, de sa voiture ou de son "combi" (mini bus de transport en commun, ou on sent vraiment ce que veut dire transport en "commun": on partage tout). Il est vrai que quand c'est carnaval, il vaut mieux surveiller ses arrières et supporter en silence l'étouffante chaleur (et à l'occasion, les odeurs) du combi sans rechigner, ou se condamner à recevoir un globo bien placé. Jusqu'ici tout va bien, ce sont les aleas de la vie entre le mois de janvier et celui de février, recevoir un globo (arme pourtant interdite dans la rue depuis un arrêté recent), ça arrive, et on en fait pas tout un fromage...
Vient après le carnaval, le vrai, celui qui a une date prévue, fixe, oragnisée, un dimanche, pour finir en beauté... et tout commence à dégénérer. Pour vraiment passer un bon carnaval, il es
Après une heure d'attention complète du public, les enfants commencent à s'ennuyer... Et un petit péruvien qui s'ennuie pendant le carnaval a un réflexe: chercher ses ballons de baudruche et un robinet, et préparer gentiment ses bombes à eau. Il les recueille toutes dans un sceau et se dirige fièrement jusqu'à la plaza de armas ou toute la population de la vallée est réunie et attend. Certains sont plus entreprennants que d'autres et n'attendent pas. Il commencent alègrement à bombarder leurs semblables, jusqu'à ce que les bombes se trompent de cible et que la moitié des gens sur la place soit prise à partie et se mette à répliquer.
Les globos sont interdits sur la voie publique depuis quelques années en raison des accidents qu'ils ont provoqués, des chutes graves, de
Ce dont il faut se méfier dans la vallée sacré, c'est du temps. Il fait beau et chaud pendant toute une moitié de journée et, soudainement en milieu d'après midi, les nuages arrivent, l'air se rafraichit, et on se sent de plus en plus stupide d'avoir oublié les vêtements de rechange... et pour un peu qu'un orage éclate...
Le carnaval en soi, c'est plutôt drôle donc, mais il y des petits malins qui, dans leurs bombes à eau, ajoutent farines, peintures, et autres produits qu'il ne fait pas bon recevoir sur ses habits. Il s'avèrent même que les bombes de mousse blanche qui sont en vente pendant la période produise des alergies lors du contact avec la peau. Contact qui est inévitable dans le feu de l'action: on réfléchit rarement à où l'on projète la mousse en question. Il est donc bon de préparer son carnaval avant de foncer les yeux baissés... Des sacs en plastique pour l'argent, l'appareil photo et un nécessaire d'habits de rechange... Mieux encore, une combinaison de plongée... Mais ce n'est pas très pratique.
Le carnaval serait également (selon mes sources) le moment privilégié, à la campagne, pour la parade d'amour des jeunes gens, ou plutôt la conquête par le jeune homme de sa futur épouse. (C'est vrai qu'on essaie de garder les filles à la maison tout le reste de l'année, alors ils se lâchent à se moment là...). Il est bon à savoir, pour une jeune fille en fleur, que si un jeune homme l'approche, joue, danse ou lui lanse de l'eau pendant le carnaval, c'est qu'il a quelque chose derrière la tête. Mais le signal, qu'il faut connaître, c'est quand il lui vole un habit (une veste, une écharpe ou quoi que se soit) et qu'il va le cacher dans un endroit secret... Si la jeune fille veut récupérer son vêtement, elle doit être consciente que c'est accepter de perdre sa virginité dans les champs et donc (relation de cause à effet quasiment incontournable...) s'engager pour le mariage. Si la tête du jeune homme ne lui revient pas, la règle est d'abandonner ce qu'on lui a volé... Quite à finir peu vêtue...


