10 octobre 2006

Valparaiso - Mendoza en stop:


L'unique voyage que j'ai réellement fait au Chili en stop, jusqu'à présent, aura été un aller-retour à Mendoza, la première grande ville d'Argentine après le passage des Andes au niveau de Portillo. Je ne peux donc pas donner de conseils très originaux ni faire étalage de ma grande expérience en la matière... néanmoins, j'en ai retiré quelques petites choses à dire, auxquelles on peut trouver un minimum d'intérêt.

Le stop au Chili fonctionne très bien, en particulier pour les trajets nord-sud, sur la panaméricaine. Il y a des voitures de tourisme, mais encore assez peu... ça se développe tranquillement: les gens voyagent plus facilement en bus étant donné qu'avoir sa voiture n'est pas forcément à la portée de tout le monde et que le réseau de transport par bus est très développé. Il est donc beaucoup plus courant de se faire prendre en stop par un camion.

En ce qui concerne le passage des Andes entre Los Andes (dernière vraie ville avant la montagne et la frontière argentine) et Mendoza, le fret par camion est le seul utilisé. Il y a bien eu un train, fût un temps, mais il a été vite abandonné et sert plus, à présent, de curiosité dans le paysage . Il est d'ailleurs très facile, arrivé à Los Andes, de trouver un camioneur compréhensif qui vous amène à destination. Tous les camions qui sortent de la ville traversent nécessairement la frontière et vont dans 99% des cas jusqu'à Mendoza (enfin sans exagérer, il y a peu de chance de se faire arrêter en cours de route dans un coin paumé).

Le paysage du côté chilien est verdoyant durant plusieurs kilomètres: on passe des plantations d'avocats à perte de vue aux vignes, puis aux rivières de montagne, et tout d'un coup, sans crier gare, le paysage devient plus aride. C'est à se moment là qu'on prend conscience du fait que la route grimpait... Juste avant la frontière, il y a quelques 29 courbes en épingle à passer avant le col et le poste frontière chilien.

C'est le moment des papiers... Le camioneur doit vous déclarer comme passager pour que vous puissiez traverser, ça prend un peu de temps, mais c'est toujours instructif et le temps de pause permet de se dégourdir les jambes, pour peu que vous ayez mis trois fois plus de temps que la normale pour passer les 29 courbes, avec un camion très chargé...




Ces 29 courbes, elles ont une sale réputation. En hiver, les camioneurs peuvent y
rester coincé, et naturellement, il y a énormément d'accidents dans la descente. Si votre camioneur dépasse les 12 km/h, songez à prier ou plutôt prenez vos affaires et sautez... Pour arrêter un 35 tonnes lancé dans la pente, il faut des freins de 747. Alors voilà, les brésiliens, qui ne sont pas habitués aux Andes et qui sont des flambeurs (selon les camioneurs chiliens), sont les spécialistes pour rater une courbe. On voit d'ailleurs sur la route beaucoup de petits autels improvisés pour un collègue mort au combat.

Discuter avec un camioneur vous en apprend beaucoup sur les réputations des différentes nationalités, les querelles intestines d'Amérique Latine et la réalité économique des voisins.
L'Argentin est craint, voir détesté: selon certains chiliens, il
est orgueilleux, imbu de lui même, flambeur, séducteur... "mais maintenant, ce sont eux qui sont dans la panade et nous qui avons les belles voitures! na!" Mais un camioneur argentin m'a résumé en riant le pourquoi de cette jalousie rapidement: "c'est parce que nous, on a un bien meilleur niveau en foot, alors ils nous envient..."
Le paraguayen est le roi du recyclage. Si tu te fais voler ton camion, tu peux être sûr qu'il a été custumisé au Paraguay et qu'il va être revendu sous un autre nom... Mais les camioneur paraguyens, eux, roulent avec des tacos qui supportent mal la Cordillère.
Bref, il faut mettre le trajet à profit pour discuter et se rendre compte que l'Amérique latine est encore loin de l'unification, vus les nationalismes et chauvinismes qui y fleurissent...
Les plus proches voisins sont en général les pires ennemis.

Mais il faut aussi profiter du paysage...

Après la frontière chilienne, un tunnel conduit au poste frontière argentin. Longue route désertique au bord d'un fleuve rouge qui descend dans la vallé d'où on peut voir l'Aconcagua, le plus haut sommet des Andes, qui culmine à 6 959 mètres... Les camioneur se font un plaisir de jouer au guide en montrant les différents cerros et en racontant les légendes du coin. Uspallata est la première ville après la frontière, elle vit essentiellement autour des arrêts des camioneurs qui doivent y faire tous leurs papiers, déclaration et contrôle de cargaison... Un très bon endroit pour trouver un camion, en accostant les camioneurs à la sortie de la douane (comme ça on voit leur tête, on peut leur demander tranquillement où ils vont et vérifier s'ils sont pas brésiliens, quand on tient à sa vie...).
Et puis on arrive à Mendoza... qui au final n'a pas un intérêt si fou, mais qui peut servir de bon prétexte pour faire la belle traversée de la Cordillère, manger un gros steak argentin et découvrir l'univers des camioneurs (parfois excesivement kitch)...

03 octobre 2006

Pucon el la région des lacs:






(ci dessus, le lac Caburga et les chutes d'eau: "los ojos de Caburga)


La région des lacs au Chili est le lieu priviligié du tourisme d'aventure, de découverte et de communion avec la nature, les grands espaces, un peu dans l'optique produit laitiers: des senstions vraiment pures quoi... C'est la qu'on recontre tous les grands randonneurs et amateurs de sports de montagne du Chili: rafting, ski, escalade, cheval, mountainbike, trekking, rando... La région, grâce à son tourisme florissant est donc relativement prospère (et par la même plutôt chère), en tout cas, c'est le cas de la ville de Pucon, qui de loin comme de près pourrait tout à fait être assimilée à une station de ski européenne: Elle fourmille d'agences de location de ski, vélos, qui proposent des excursions en tout genre. C'est entre autre pour cela mais aussi pour son chocolat, très réputé à travers le Chili, que la région de Pucon et de Villarica est surnommée la Suisse chilienne. De plus, Pucon est un des anciens bastions des colonies allemandes. Ainsi, le chilien de Pucon ressemble plus à un européen que le chilien de Valparaiso ou le mapuche qui vit dans la campagne environnante. Les blonds aux yeux bleus (même si c'est un peu caricatural) se sentirons plus chez eux que d'en d'autres villes du pays. Là bas, gringos et chiliens se mélangent beacoup plus facilement: soyez rassurés, pas de regards bizarres si vous êtes un peu trop typé occidental: c'est pas la jungle ici! ...


Pourtant, la région des lacs est loin d'être si commune comme elle peut le paraître au premier regard, puisque les paysages ont vraiment un parfum exotique. La végétation est chatoyante, et les plaines vertes sont surmontées de montagnes et de volcans enneigés. Autour de Pucon, tout est sujet à photographie pour les amateurs, les chutes d'eau, les torrents, les volcans, les lacs turquoises... Bref, un ptit paradis.


Volcan Villarica:

01 octobre 2006

Les murs de Valparaiso

Les murs de Valparaiso:

En dehors des maisons peintes de toutes les couleurs, Valparaiso doit son charme a l'inventivité de ses habitants. Les murs de la ville, et en particulier ceux les plus beaux "cerros", sont recouverts de "murales", de peintures qui sont librem
ent choisies par qui désire marquer son passage et ses idées chez les porteños. On peut apercevoir de tout, des peintures proches des graphitis internationaux, des mosaïques, mais aussi et surtout l'expression d'un art à part entière, souvent engagé, parfois seulement esthétique, toujours un régal pour les yeux et les appareils photos des touristes comme des photographes. Le plus agréable dans cette liberté laissée aux gens de s'exprimer sur les murs de leur ville, c'est qu'à chaque coin de rue apparaissent tous les jours des nouvelles oeuvres. On peut même avoir le privilège de voir le ou les artistes en action au grand jour.

Un petit aperçu de ce que l'on peut voir dans quelques cerros du centre:







































La mairie de Valparaiso a même donné un espace dans le cerro bellavista spécialement dédié à ces peintures murales. C'est le Museo a Cielo Abierto (musée à ciel ouvert). Il se limite à que
lques rues seulement, mais non des moindres, puisque le cerro bellavista est surement l'un des plus jolis de la ville, des plus touristiques aussi avec cette nouvelle attraction, il regorge de minuscules ruelles, d'escaliers, de petites places et de passages avec vue sur la mer... bref, un petit paradis quoi. Pourtant, à mon goût, le Museo a Cielo Abierto est moins représentatif de l'esprit créatif libre de Valparaiso, puisque ce sont des oeuvres modernes, anotées d'un petit encart en plastique sur la paroi, donnant le nom de l'oeuvre, sa date de création, le nom de l'artiste, les matériaux... comme dans un musée fermé en somme, et ce formalisme fait perdre un peu le côté volage et spontané des "murales". En effet, quand une peinture ternie, s'éfrite, perd ses couleurs, les peintres de Valparaiso n'hésitent pas à la recouvrir avec un nouveau dessin. C'est comme ça et c'est ça qui donne un aspect en perpétuel renouvellement à la ville. Ca donne des idées, et ça me fait surtout me demander pourquoi certaines mairies en France sont aussi intolérantes sur les couleurs des maisons... Bleu pas trop comme-ci, jaune pas trop comme ça, rose saumon, ça ils aiment, blanc cassé... Mais ici, on est dans la démesure, le turquoise, le jaune fluo, les rouges, les verts, le marron, le violet, les mélanges... Tout est permis et les murs qui n'appartiennent à personne ont toujours le droit à leur peinture.

El Museo a Cielo Abierto