Il n'est pas nécessaire d'aller loin pour être dépaysé
Ces lignes imaginaires qui vous chamboulent
Qu'il est bon de traverser des frontières. Comme dirait cette troupe pour le moins bigarrée de hippies canadiens que j'ai croisée à Port Bou, sur la route de Barcelone (et j'imagine que ce ne sont pas les premiers à avoir prononcé ces mots): "les frontières sont faites pour être traversées. Elles ne comptent pas, ce sont les rencontres qui comptent." Peut être ai-je quelque peu trahi leurs propos, il faut dire qu'ils étaient noyés dans un flot de phrases clichés du type: "We loooooooove to share!". Des hippies comme on n'en fait plus beaucoup, sans le sous mais le cœur sur la main, on the road again, toujours entre ciel et terre, déconnectés... suffisamment pour rater une correspondance de train dans un bled de 100 habitants où nous avions deux heures pour passer d'un quai à l'autre...
Les frontières ont une aura étrange. Bien qu'invisibles, on est conscient de leur présence, on les ressent. Il faut dire que les panneaux sont particulièrement éloquents. Pour aller à Barcelone par la voie ferrée, on change de quai et de train à Port Bou, en Espagne. Comme quoi il y a un bout, une limite, une cassure... A l'inverse, pour revenir d'Espagne sur la même ligne, le train s'arrête dans la petite gare française de Cerbère... Plus de frontières en Europe, mais quelques héritages pourtant. Etait-il nécessaire de sortir les crocs? Et je passe sur les autres villages et villes frontalières qui concourent à qui aura le nom le plus entrainant et accueillant pour le touriste effarouché. Vainqueur espagnol sans conteste: Colera (prononcer Coléra)...
En quelques heures de train dans les Pyrénées c'est tout l'univers qui change. L'herbe se fait plus rare, le soleil cogne soudain, les sièges des wagons se durcissent, les pins brulés par le soleil remplacent les chênes et les platanes, l'air se teinte d'odeur d'épices. On est en Espagne. Dans les champs, les vestiges d'une autre époque, que l'on suppose être de Franco, sont couverts de peintures et graffitis aux accents révolutionnaires. Viva la independencia! On est bien en Catalogne.
Les frontières ont une aura étrange. Bien qu'invisibles, on est conscient de leur présence, on les ressent. Il faut dire que les panneaux sont particulièrement éloquents. Pour aller à Barcelone par la voie ferrée, on change de quai et de train à Port Bou, en Espagne. Comme quoi il y a un bout, une limite, une cassure... A l'inverse, pour revenir d'Espagne sur la même ligne, le train s'arrête dans la petite gare française de Cerbère... Plus de frontières en Europe, mais quelques héritages pourtant. Etait-il nécessaire de sortir les crocs? Et je passe sur les autres villages et villes frontalières qui concourent à qui aura le nom le plus entrainant et accueillant pour le touriste effarouché. Vainqueur espagnol sans conteste: Colera (prononcer Coléra)...
En quelques heures de train dans les Pyrénées c'est tout l'univers qui change. L'herbe se fait plus rare, le soleil cogne soudain, les sièges des wagons se durcissent, les pins brulés par le soleil remplacent les chênes et les platanes, l'air se teinte d'odeur d'épices. On est en Espagne. Dans les champs, les vestiges d'une autre époque, que l'on suppose être de Franco, sont couverts de peintures et graffitis aux accents révolutionnaires. Viva la independencia! On est bien en Catalogne.

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